Conditions de travail et santé
Un nombre important de collaborateurs d’une institution socioculturelle souffrait de symptômes de stress (tensions, fatigue) et d’une baisse de motivation. La Direction a alors contacté l’IST afin de réaliser une étude de la situation de travail et de la santé du personnel. L’IST y a répondu favorablement en présentant une offre articulée en trois volets : un diagnostic de l’état de santé des individus, une observation de l’activité professionnelle et, finalement, des propositions de pistes d’amélioration.
La première phase a permis d’identifier les facteurs potentiels de stress, à l’aide d’un questionnaire approprié, d’entretiens individuels et d’ateliers collectifs de discussion. Cette enquête visait à évaluer aussi bien les problèmes rencontrés par les travailleurs sociaux dans leur pratique professionnelle que les ressources personnelles qu’ils développent au quotidien pour dépasser ces difficultés. Un psychologue de l’IST les a accompagnés dans leurs activités et a observé leur environnement de travail. A partir de cet état des lieux, l’institut a proposé des pistes d’amélioration. Parmi ces mesures, il a encouragé des actions pour améliorer la visibilité et la reconnaissance du métier auprès des partenaires. Une autre priorité consistait à renforcer la structure de l’institution et à mieux définir les missions et les rôles des collaborateurs. Enfin l’IST a recommandé des actions d’aménagement des locaux et des postes de travail.
L’institution a fait sienne la majorité des changements mentionnés dans le rapport final de l’IST et graduellement, un meilleur climat et de meilleures conditions de travail se sont réinstallées. L’accompagnement à l’introduction au changement n’avait pas été proposé dans ce mandat ; cependant, un nombre grandissant de dirigeants d’entreprise optent pour cette prestation de l’IST.
Mesure de l’exposition des travailleurs aux substances nocives
Afin d’être conforme aux exigences de la directive MSST, le responsable d’un atelier de peinture a prié l’IST de mesurer l’exposition de ses collaborateurs aux substances nocives.
Grâce aux prélèvements d’air effectués par nos spécialistes, nous avons pu confirmer que le local de peinture était intelligemment conçu, offrant une ventilation efficace. Nous avons également observé que les équipements de protection étaient soigneusement portés pendant les activités de peinture. Ces protections individuelles s’avéraient d’ailleurs superflues puisque l’exposition était très faible pendant l’application de la peinture. En revanche, durant les activités de préparation des surfaces, comme lors des finitions et du nettoyage des outils, qui se déroulaient à l’extérieur du local ventilé, le niveau d’exposition était très important mais aucune mesure de protection n’était prévue.
L’IST a donc proposé une meilleure ventilation de la zone de préparation ainsi que le port de protection individuelle durant certaines activités, très ponctuelles. Notre intervention dans l’entreprise a ainsi permis d’alléger les procédures grâce à une utilisation plus rationnelle des équipements de protection individuelle; elle a, par ailleurs, offert au chef d’atelier un appui important par rapport à ses collaborateurs puisque ses efforts de sensibilisation à la santé au travail ont été reconnus et confirmés par des experts.
Consultation en médecine du travail
Un médecin traitant nous avait adressé l’une de ses patientes, coiffeuse, afin de vérifier si ses problèmes respiratoires – toux, peine à respirer – s’aggravant au cours des jours de travail, pouvaient être liés à son métier.
Lors de la consultation médicale qui a découlé de ce premier contact, la coiffeuse a décrit son activité professionnelle, le salon dont elle était propriétaire, les substances qu’elle utilisait et les symptômes qu’elle ressentait. Au vue de l’anamnèse professionnelle évoquant la présence d’un asthme professionnel, des examens complémentaires ont été demandés. Les examens pneumologiques ont confirmé la présence d’un asthme et les examens allergologiques ont mis en évidence une sensibilisation à l’acide thyoglycolique retrouvé dans les produits de permanente. Un diagnostic d’asthme professionnel a donc été retenu et une annonce de maladie professionnelle a été effectuée auprès de l’assurance accident. Nos recommandations furent les suivantes : comme il n’était pas possible de remplacer les produits de permanente, l’acide thyoglycolique étant présent dans la plupart des marques proposées sur le marché, la personne fut encouragée à réorganiser dans la mesure du possible son travail, à savoir : supprimer les permanentes ou les faire exécuter, en son absence, par quelqu’un d’autre et instaurer dans le salon un renouvellement de l’air plus optimal (ouvertures des fenêtres et des portes, voire la mise en place d’un système de ventilation par extraction/pulsion d’air).
D’un point de vue assécurologique, de par son statut d’indépendante, cette dame ne peut pas bénéficier d’une décision d’inaptitude prononcée par la SUVA. Par contre il lui a été conseillé, dans le cas où l’asthme devait persister malgré les mesures techniques et organisationnelles mises en place et pour éviter le risque d’une chronicisation, de faire appel à l’AI afin de bénéficier de mesure de reclassement professionnel. A l’heure actuelle, il semble que la personne continue d’effectuer son activité de coiffeuse, à l’exception des permanentes, et qu’elle n’a plus présenté de problèmes respiratoires.

