DEPISTAGE PRECOCE DES MALADIES RESPIRATOIRES PROFESSIONNELLES

Félicitations à nos chercheurs qui ont obtenu le soutien du Fonds National Suisse de la Recherche pour leur projet ROBoCoP (« Respiratory disease Occupational Biomonitoring Collaborative Project »), soumis par la Prof. Irina Guseva-Canu, professeure associée et cheffe adjointe du Pôle Santé à l’IST.

Equipe du projet de recherche:

Prof. Irina Canu-Guseva, Dre Nancy Hopf, Dr Jacques Pralong, Dr Mickaël Rinaldo, Dr Jean-Jacques Sauvain, Dr Guillaume Suarez, Dr Pascal Pierre Wild

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La prévention des effets respiratoires liés aux expositions professionnelles à des particules est un enjeu important pour les médecins du travail. Actuellement, entre 20 et 30% des bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO) sont liées à des expositions professionnelles aux particules fines ou ultrafines. Pour aider les médecins du travail dans le dépistage précoce des effets respiratoires, notamment de la BPCO, des biomarqueurs du stress oxydant pourraient être proposés, à condition d’être validés sur le plan analytique et clinique et mesurables dans des prélèvements biologiques peu invasifs.

Engagée dans le développement de ce type de biomarqueurs et de leur analyse, l’IST a rejoint en avril 2017 le consortium européen CliniMARK (EU COST Action CA 16113), dont le but est d’accélérer le développement et la validation des biomarqueurs cliniques, en harmonisant et en respectant les règles de bonnes pratiques en la matière. Le développement et la validation des marqueurs diagnostiques ou accompagnant le diagnostic de la BPCO constituent le focus de cette collaboration scientifique et technique au niveau européen. 

C’est dans ce cadre, qu’un projet collaboratif de recherche franco-suisse, baptisé « ROBoCoP » (acronyme de Respiratory disease Occupational Biomonitoring Collaborative Project), a été élaboré par une équipe pluridisciplinaire de sept chercheurs de l’IST. Ce projet a été soumis au Fond National Suisse (FNS) lequel a accordé une partie du financement. Des partenaires français du projet (trois médecins du travail, un chercheur-épidémiologiste et un responsable de la prévention) ont apporté la deuxième partie du financement.

Le projet ROBoCoP est structuré en trois parties :

1-Standardisation du recueil des échantillons biologiques (condensat d’air exhalé, urine) et des méthodes d’analyses des biomarqueurs retenus (8-isoprostane, malondialdehyde, NO2-, NO3-, ions formates et 8-hydroxy-2’deoxyguanosine) et validation de l’analyseur OPEA (oxidative potential in the exhaled air) développé par l’IST (Brevet EU et USA).

2-Etude pilote dans une entreprise de transport en France pour définir le protocole d’échantillonnage standardisé et évaluer la faisabilité de la mesure des biomarqueurs sélectionnés chez les travailleurs exposés aux particules fines et ultrafines dans l’air des EFS.

3-Etude de terrain sur 300 travailleurs volontaires de cette entreprise, sélectionnés par randomisation stratifiée (âge, tabac, exposition professionnelle) sur les 45’000 travailleurs suivis par les 34 médecins de l’entreprise. Les données issues des consultations médicales (examen clinique + spirométrie) et de l’analyse des échantillons biologiques seront traitées afin de rechercher une corrélation entre les biomarqueurs étudiés et la survenue d’un syndrome obstructif.

Deux thèses de doctorat ès sciences, une en chimie analytique et une en épidémiologie et santé publique seront conduites dans le cadre de ce projet entre 2018 et 2022. Ce projet permettra d’élaborer des protocoles standardisés et des recommandations de bonne pratique pour l’usage des biomarqueurs du stress oxydatif à partir des prélèvements non invasifs, dans un service de santé au travail. Il permettra de valider l’utilisation de biomarqueurs pour le dépistage de la BPCO chez les travailleurs exposés, voire pour le dépistage en population générale, ou pour le suivi médical de patients atteints par cette pathologie.