published Thursday 12 January 2012
Le 27 avril 2012 se tiendra à la Haute école de gestion Arc de Neuchâtel le 5e Congrès suisse «Santé dans le monde du travail»: nouvelles normes de travail et nouvelles figures du travailleur/euse des défis pour la santé.
Au cours de ces dernières décennies, les formes du travail se sont progressivement métamorphosées donnant naissance à de nouvelles normes managériales. Comment celles-ci sont-elles vécues par les travailleurs/euses ?
Le secteur secondaire a laissé une large place aux entreprises et aux logiques de services. Autrement dit, nous sommes passé•e•s du monde de l’exécution mécanique et de l’uniformité au monde de l’entrepreneur/euse et de l’action individuelle-relationnelle. Le développement de la prise en charge des besoins ou des demandes de client•e•s ou d’usagers/ères est devenu partie intégrante de ces nouvelles formes d’activité nommées travail immatériel. Ces dernières se déclinent en trois orientations :
- Le « contenu informationnel ». Les tâches de travail sont de plus en plus subordonnées à la capacité de traitement de l’information interne et externe ;
- Le « contenu intellectuel et affectif ». Les tâches de travail font de plus en plus référence à l’engagement de la subjectivité du travailleur/euse ;
- Le « contenu culturel ». Les tâches de travail se définissent également à partir d’une multiplicité de normes culturelles, artistiques, de modes, de goûts, de standards de consommation.
Ces évolutions sont lourdes de conséquences. En effet, l’accès à l’emploi suppose pour les individus un investissement et une implication personnelle dans le projet de l’entreprise. Il s’agit d’y mettre « du sien », de son initiative et de sa capacité d’autonomie. Or, ces nouvelles compétences demeurent insaisissables et « immatérielles ». Là est tout le paradoxe : d’une part on observe l’accroissement des outils de prescription et de standardisation des tâches à accomplir, des manières d’être au travail, et d’autre part, certaines compétences attendues, pourtant difficilement objectivables, telle l’intelligence adaptative, relationnelle et créative des salarié•e•s, butent sur ces outils.
De ces nouvelles normes et rapports au travail apparaissent nombre de contraintes et de limites dont ce colloque veut rendre compte à travers les questions suivantes : Comment donner du sens au travail dans ce contexte actuel ? Comment penser la santé au travail alors qu’elle est de plus en plus saisie sous le prisme individuel et privé ? Comment assurer et protéger les travailleurs/euses devant s’investir davantage sans reconnaissance manifeste ? Quelles sont les aspirations de ces nouvelles catégories de travailleurs/euses ?
Après les colloque de : 2004 : Evolution du monde du travail et pathologies émergentes ; 2006 : Exclure / Inclure : gérer les problèmes de santé dans le milieu professionnel ; de 2008 : Les Suisses au travail : heureux mais… fatigués ; de 2010, Peurs et espoirs dans le monde du travail : la santé au travail à l’épreuve de la crise, le 5ème Congrès « Santé dans le monde du travail » présente une réflexion sur les évolutions du monde du travail et des pathologies émergentes et sur des pistes de solution.
Le Congrès est organisé par l’IST en collaboration avec Haute école de gestion de Neuchâtel, le Centre de Recherche en Psychologie du travail (CerPSa) de l’Université de Lausanne, le Domaine Sociologie, politiques sociales et travail social de l’Université de Fribourg et le Département de recherche en santé et de management de la santé en entreprise de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich.
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